Friday, May 30, 2008
Redite
Suite à une erreur de manipulation, mon article de ce jour sur l'Euro vient d'être publié deux fois de suite. Le lecteur voudra bien considérer qu'il ne s'agit pas d'une tentative d'endoctrinement abusif, mais d'une simple maladresse dans l'édition de ce blog.
Euro: Les faits sont têtus.
Les annonces inflationnistes qui se multiplient ces derniers temps donnent l’occasion à la Banque centrale européenne de s’auto-féliciter pour sa position constante d’extrême conservatisme monétaire. Mais à vrai dire l’inflation affecte principalement les pays asiatiques ou en voie de développement, plus que les Etats-Unis et bien plus que l’Europe.
La conjoncture de cette dernière reste, de son coté, marquée par la force de l’euro, malgré les dénégations répétées de ceux qui font fi de toute théorie économique pour soutenir que la cherté du change n’a pas d’impact négatif sur la croissance. A l’appui de cette idée déraisonnable la quasi unanimité des commentateurs nous assénaient, il y a quelques semaines encore, l’affirmation selon laquelle la soi-disant performance à l’exportation de l’économie allemande montrait à l’évidence que ce n’était pas la cherté de l’euro qui faisait problème mais, par contraste, l’absence de la trop fameuse « réforme structurelle » en France.
Or aujourd’hui Le Monde (29 mai 2008) finit par se résoudre à constater, dans un article intitulé « Zone euro : tous ensemble vers le ralentissement », que
«La faiblesse de l’économie américaine (le bouc émissaire permanent de nos élites pensantes et parlantes, JJR) et la force de l’euro commencent aussi à tarir les sources mêmes de la croissance, investissements et exportations de machines vers l’Europe de l’Est et l’Asie en forte augmentation. De janvier à mars, les exportations allemandes ont progressé moins vite que les importations. La locomotive de l’Europe est en train de caler ».
Et de poursuivre : « En mai, l’enquête mensuelle d’activité dans l’industrie et les services s’est inscrite à son niveau le plus bas depuis juillet 2003 ». Un fait à rapprocher du passage de la dépréciation massive de l’euro vis-à-vis du dollar de 1999 à 2002, vers une appréciation non moins massive depuis 2003.
Que de telles variations se produisent en relativement peu de temps, et affectent simultanément tous les pays de la zone, signifie clairement qu’il existe un facteur conjoncturel commun (et non pas structurel, qui par définition ne varierait pas dans des proportions importantes e quelques mois ou peu d’années) et que celui-ci, comme l’enseigne la théorie économique, est très certainement le cours du change.
Néanmoins, l’auteur de l’article conclut par l’hommage traditionnel et obligé à la Banque centrale européenne qui:
« … observe son mandat, qui est de se préoccuper de l’inflation, pas d’un ralentissement économique ».
Ne serait-il pas temps de changer quelque chose à cette constitution monétaire punitive ? D’autant que d’autre part, comme l’a écrit Sebastian Dullien dans le blog Eurozone Watch du 15 mai, « EMU divergence is becoming a mainstream issue ». Selon lui :
« … the underlying divergence in the data is rather frightening. What has for a while been one of the top issues on Eurozone Watch is increasingly taken up by bank analysts: The growing divergence within EMU.
… Exactly those countries which have shown a strong deterioration in their unit labour cost position over the past years … are now showing increasingly weaknesses.
… The interesting question is now for how long the slump for the Southern countries will last. …. These countries can count at at least half a decade, possibly more, of weak growth, growing social disparities and possibly growing political discontent with the European project”.
Comme le savent les lecteurs de mon article de juin 2002 “Les promesses de l’Euro: Tout était faux” (téléchargeable sur mon site, http://www.jjrosa.com), ou de mon livre de 1998, je n’aurais pu mieux dire.
On comprend dans ces conditions que l’éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf, écrive ce même jour : « Britain is better off outside the euro », article qui ne peut manquer de refléter le sentiment dominant à la City. Et plusieurs passages méritent d’être cités :
« Finally, there is no evidence that being outside the eurozone has imposed a performance penalty upon the UK economy. Between the first quarter of 1999 and the first quarter of 2008, its economy expanded by 28 percent, against 21 percent in the eurozone as a whole and 16 percent in Germany… there is no evidence that Emu has improved the economic dynamism of its members. If anything, membership seems to have reduced the pressures for reform. … remaining outside the euro preserves the safety valve of currency flexibility, while losing nothing in aggregate economic performance. Being outside has not even hurt London’s position as a financial centre.
… Inside a currency union, years of slow growth will occasionally be needed if relative costs are to come back into line”.
La leçon à tirer de cette ouverture progressive des esprits à la réalité des faits est intéressante. Le raisonnement économique de base, correctement utilisé, permettait de prévoir tout cela dès le milieu des années 90. Mais la plupart des observateurs, et plus encore des acteurs politiques, ne croient pas à l’existence d’une science économique (comme beaucoup d’économistes d’ailleurs). Ils l’apprennent aujourd’hui sur le tas, par l’expérience. Mais à quel coût.
La conjoncture de cette dernière reste, de son coté, marquée par la force de l’euro, malgré les dénégations répétées de ceux qui font fi de toute théorie économique pour soutenir que la cherté du change n’a pas d’impact négatif sur la croissance. A l’appui de cette idée déraisonnable la quasi unanimité des commentateurs nous assénaient, il y a quelques semaines encore, l’affirmation selon laquelle la soi-disant performance à l’exportation de l’économie allemande montrait à l’évidence que ce n’était pas la cherté de l’euro qui faisait problème mais, par contraste, l’absence de la trop fameuse « réforme structurelle » en France.
Or aujourd’hui Le Monde (29 mai 2008) finit par se résoudre à constater, dans un article intitulé « Zone euro : tous ensemble vers le ralentissement », que
«La faiblesse de l’économie américaine (le bouc émissaire permanent de nos élites pensantes et parlantes, JJR) et la force de l’euro commencent aussi à tarir les sources mêmes de la croissance, investissements et exportations de machines vers l’Europe de l’Est et l’Asie en forte augmentation. De janvier à mars, les exportations allemandes ont progressé moins vite que les importations. La locomotive de l’Europe est en train de caler ».
Et de poursuivre : « En mai, l’enquête mensuelle d’activité dans l’industrie et les services s’est inscrite à son niveau le plus bas depuis juillet 2003 ». Un fait à rapprocher du passage de la dépréciation massive de l’euro vis-à-vis du dollar de 1999 à 2002, vers une appréciation non moins massive depuis 2003.
Que de telles variations se produisent en relativement peu de temps, et affectent simultanément tous les pays de la zone, signifie clairement qu’il existe un facteur conjoncturel commun (et non pas structurel, qui par définition ne varierait pas dans des proportions importantes e quelques mois ou peu d’années) et que celui-ci, comme l’enseigne la théorie économique, est très certainement le cours du change.
Néanmoins, l’auteur de l’article conclut par l’hommage traditionnel et obligé à la Banque centrale européenne qui:
« … observe son mandat, qui est de se préoccuper de l’inflation, pas d’un ralentissement économique ».
Ne serait-il pas temps de changer quelque chose à cette constitution monétaire punitive ? D’autant que d’autre part, comme l’a écrit Sebastian Dullien dans le blog Eurozone Watch du 15 mai, « EMU divergence is becoming a mainstream issue ». Selon lui :
« … the underlying divergence in the data is rather frightening. What has for a while been one of the top issues on Eurozone Watch is increasingly taken up by bank analysts: The growing divergence within EMU.
… Exactly those countries which have shown a strong deterioration in their unit labour cost position over the past years … are now showing increasingly weaknesses.
… The interesting question is now for how long the slump for the Southern countries will last. …. These countries can count at at least half a decade, possibly more, of weak growth, growing social disparities and possibly growing political discontent with the European project”.
Comme le savent les lecteurs de mon article de juin 2002 “Les promesses de l’Euro: Tout était faux” (téléchargeable sur mon site, http://www.jjrosa.com), ou de mon livre de 1998, je n’aurais pu mieux dire.
On comprend dans ces conditions que l’éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf, écrive ce même jour : « Britain is better off outside the euro », article qui ne peut manquer de refléter le sentiment dominant à la City. Et plusieurs passages méritent d’être cités :
« Finally, there is no evidence that being outside the eurozone has imposed a performance penalty upon the UK economy. Between the first quarter of 1999 and the first quarter of 2008, its economy expanded by 28 percent, against 21 percent in the eurozone as a whole and 16 percent in Germany… there is no evidence that Emu has improved the economic dynamism of its members. If anything, membership seems to have reduced the pressures for reform. … remaining outside the euro preserves the safety valve of currency flexibility, while losing nothing in aggregate economic performance. Being outside has not even hurt London’s position as a financial centre.
… Inside a currency union, years of slow growth will occasionally be needed if relative costs are to come back into line”.
La leçon à tirer de cette ouverture progressive des esprits à la réalité des faits est intéressante. Le raisonnement économique de base, correctement utilisé, permettait de prévoir tout cela dès le milieu des années 90. Mais la plupart des observateurs, et plus encore des acteurs politiques, ne croient pas à l’existence d’une science économique (comme beaucoup d’économistes d’ailleurs). Ils l’apprennent aujourd’hui sur le tas, par l’expérience. Mais à quel coût.
Euro: Les faits sont têtus
Les annonces inflationnistes qui se multiplient ces derniers temps donnent l’occasion à la Banque centrale européenne de s’auto-féliciter pour sa position constante d’extrême conservatisme monétaire. Mais à vrai dire l’inflation affecte principalement les pays asiatiques ou en voie de développement, plus que les Etats-Unis et bien plus que l’Europe.
La conjoncture de cette dernière reste, de son coté, marquée par la force de l’euro, malgré les dénégations répétées de ceux qui font fi de toute théorie économique pour soutenir que la cherté du change n’a pas d’impact négatif sur la croissance. A l’appui de cette idée déraisonnable la quasi unanimité des commentateurs nous assénaient, il y a quelques semaines encore, l’affirmation selon laquelle la soi-disant performance à l’exportation de l’économie allemande montrait à l’évidence que ce n’était pas la cherté de l’euro qui faisait problème mais, par contraste, l’absence de la trop fameuse « réforme structurelle » en France.
Or aujourd’hui Le Monde (29 mai 2008) finit par se résoudre à constater, dans un article intitulé « Zone euro : tous ensemble vers le ralentissement », que « La faiblesse de l’économie américaine (le bouc émissaire permanent de nos élites pensantes et parlantes, JJR) et la force de l’euro commencent aussi à tarir les sources mêmes de la croissance, investissements et exportations de machines vers l’Europe de l’Est et l’Asie en forte augmentation. De janvier à mars, les exportations allemandes ont progressé moins vite que les importations. La locomotive de l’Europe est en train de caler »
Et de poursuivre : « En mai, l’enquête mensuelle d’activité dans l’industrie et les services s’est inscrite à son niveau le plus bas depuis juillet 2003 ». Un fait à rapprocher du passage de la dépréciation massive de l’euro vis-à-vis du dollar de 1999 à 2002, vers une appréciation non moins massive depuis 2003.
Que de telles variations se produisent en relativement peu de temps, et affectent simultanément tous les pays de la zone, signifie clairement qu’il existe un facteur conjoncturel commun (et non pas structurel, qui par définition ne varierait pas dans des proportions importantes e quelques mois ou peu d’années) et que celui-ci, comme l’enseigne la théorie économique, est très certainement le cours du change.
Néanmoins, l’auteur de l’article conclut par l’hommage traditionnel et obligé à la Banque centrale européenne qui:
« … observe son mandat, qui est de se préoccuper de l’inflation, pas d’un ralentissement économique ».
Ne serait-il pas temps de changer quelque chose à cette constitution monétaire punitive ? D’autant que d’autre part, comme l’a écrit Sebastian Dullien dans le blog Eurozone Watch du 15 mai, « EMU divergence is becoming a mainstream issue ». Selon lui :
« … the underlying divergence in the data is rather frightening. What has for a while been one of the top issues on Eurozone Watch is increasingly taken up by bank analysts: The growing divergence within EMU.
… Exactly those countries which have shown a strong deterioration in their unit labour cost position over the past years … are now showing increasingly weaknesses.
… The interesting question is now for how long the slump for the Southern countries will last. …. These countries can count at at least half a decade, possibly more, of weak growth, growing social disparities and possibly growing political discontent with the European project”.
Comme le savent les lecteurs de mon article de juin 2002 “Les promesses de l’Euro: Tout était faux” (téléchargeable sur mon site, http://www.jjrosa.com), ou de mon livre de 1998, je n’aurais pu mieux dire.
On comprend dans ces conditions que l’éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf, écrive ce même jour : « Britain is better off outside the euro », article qui ne peut manquer de refléter le sentiment dominant à la City. Et plusieurs passages méritent d’être cités :
« Finally, there is no evidence that being outside the eurozone has imposed a performance penalty upon the UK economy. Between the first quarter of 1999 and the first quarter of 2008, its economy expanded by 28 percent, against 21 percent in the eurozone as a whole and 16 percent in Germany… there is no evidence that Emu has improved the economic dynamism of its members. If anything, membership seems to have reduced the pressures for reform. … remaining outside the euro preserves the safety valve of currency flexibility, while losing nothing in aggregate economic performance. Being outside has not even hurt London’s position as a financial centre.
… Inside a currency union, years of slow growth will occasionally be needed if relative costs are to come back into line”.
La leçon à tirer de cette ouverture progressive des esprits à la réalité des faits est intéressante. Le raisonnement économique de base, correctement utilisé, permettait de prévoir tout cela dès le milieu des années 90. Mais la plupart des observateurs, et plus encore des acteurs politiques, ne croient pas à l’existence d’une science économique (comme beaucoup d’économistes d’ailleurs). Ils l’apprennent aujourd’hui sur le tas, par l’expérience. Mais à quel coût.
La conjoncture de cette dernière reste, de son coté, marquée par la force de l’euro, malgré les dénégations répétées de ceux qui font fi de toute théorie économique pour soutenir que la cherté du change n’a pas d’impact négatif sur la croissance. A l’appui de cette idée déraisonnable la quasi unanimité des commentateurs nous assénaient, il y a quelques semaines encore, l’affirmation selon laquelle la soi-disant performance à l’exportation de l’économie allemande montrait à l’évidence que ce n’était pas la cherté de l’euro qui faisait problème mais, par contraste, l’absence de la trop fameuse « réforme structurelle » en France.
Or aujourd’hui Le Monde (29 mai 2008) finit par se résoudre à constater, dans un article intitulé « Zone euro : tous ensemble vers le ralentissement », que « La faiblesse de l’économie américaine (le bouc émissaire permanent de nos élites pensantes et parlantes, JJR) et la force de l’euro commencent aussi à tarir les sources mêmes de la croissance, investissements et exportations de machines vers l’Europe de l’Est et l’Asie en forte augmentation. De janvier à mars, les exportations allemandes ont progressé moins vite que les importations. La locomotive de l’Europe est en train de caler »
Et de poursuivre : « En mai, l’enquête mensuelle d’activité dans l’industrie et les services s’est inscrite à son niveau le plus bas depuis juillet 2003 ». Un fait à rapprocher du passage de la dépréciation massive de l’euro vis-à-vis du dollar de 1999 à 2002, vers une appréciation non moins massive depuis 2003.
Que de telles variations se produisent en relativement peu de temps, et affectent simultanément tous les pays de la zone, signifie clairement qu’il existe un facteur conjoncturel commun (et non pas structurel, qui par définition ne varierait pas dans des proportions importantes e quelques mois ou peu d’années) et que celui-ci, comme l’enseigne la théorie économique, est très certainement le cours du change.
Néanmoins, l’auteur de l’article conclut par l’hommage traditionnel et obligé à la Banque centrale européenne qui:
« … observe son mandat, qui est de se préoccuper de l’inflation, pas d’un ralentissement économique ».
Ne serait-il pas temps de changer quelque chose à cette constitution monétaire punitive ? D’autant que d’autre part, comme l’a écrit Sebastian Dullien dans le blog Eurozone Watch du 15 mai, « EMU divergence is becoming a mainstream issue ». Selon lui :
« … the underlying divergence in the data is rather frightening. What has for a while been one of the top issues on Eurozone Watch is increasingly taken up by bank analysts: The growing divergence within EMU.
… Exactly those countries which have shown a strong deterioration in their unit labour cost position over the past years … are now showing increasingly weaknesses.
… The interesting question is now for how long the slump for the Southern countries will last. …. These countries can count at at least half a decade, possibly more, of weak growth, growing social disparities and possibly growing political discontent with the European project”.
Comme le savent les lecteurs de mon article de juin 2002 “Les promesses de l’Euro: Tout était faux” (téléchargeable sur mon site, http://www.jjrosa.com), ou de mon livre de 1998, je n’aurais pu mieux dire.
On comprend dans ces conditions que l’éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf, écrive ce même jour : « Britain is better off outside the euro », article qui ne peut manquer de refléter le sentiment dominant à la City. Et plusieurs passages méritent d’être cités :
« Finally, there is no evidence that being outside the eurozone has imposed a performance penalty upon the UK economy. Between the first quarter of 1999 and the first quarter of 2008, its economy expanded by 28 percent, against 21 percent in the eurozone as a whole and 16 percent in Germany… there is no evidence that Emu has improved the economic dynamism of its members. If anything, membership seems to have reduced the pressures for reform. … remaining outside the euro preserves the safety valve of currency flexibility, while losing nothing in aggregate economic performance. Being outside has not even hurt London’s position as a financial centre.
… Inside a currency union, years of slow growth will occasionally be needed if relative costs are to come back into line”.
La leçon à tirer de cette ouverture progressive des esprits à la réalité des faits est intéressante. Le raisonnement économique de base, correctement utilisé, permettait de prévoir tout cela dès le milieu des années 90. Mais la plupart des observateurs, et plus encore des acteurs politiques, ne croient pas à l’existence d’une science économique (comme beaucoup d’économistes d’ailleurs). Ils l’apprennent aujourd’hui sur le tas, par l’expérience. Mais à quel coût.
Sunday, May 18, 2008
Huit siècles de crises financières ...
Un très intéressant papier de Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff pour le NBER : « This Time is Different : A Panoramic View of Eight Centuries of Financial Crises » (March 2008). Les périodes de crises sont récurrentes, elles affectent plusieurs pays simultanément, mais sont séparées par plusieurs années, voire plusieurs décennies, d’absence de crise majeure, ce qui fait que chaque nouvelle recrudescence est perçue comme un évènement entièrement nouveau.
La crise actuelle ne fait pas exception à cette illusion d’optique. Les auteurs ont rassemblé une base de données unique par son importance. On notera un premier graphique impressionnant qui montre l’évolution du pourcentage des pays dans le monde qui ont connu des crises de défaut ou de restructuration de leur dette extérieure depuis le début du XIXème siècle, avec des périodes de crise générale en 1830-40, en 1880-90, en 1940-50 et dernièrement dans les années 1990.
Les auteurs soulignent aussi que les crises bancaires sont liées aux périodes de mobilité internationale accrue des capitaux, tandis que les crises de défaut sur les dettes publiques sont corrélées aux périodes de forte inflation. A lire.
La crise actuelle ne fait pas exception à cette illusion d’optique. Les auteurs ont rassemblé une base de données unique par son importance. On notera un premier graphique impressionnant qui montre l’évolution du pourcentage des pays dans le monde qui ont connu des crises de défaut ou de restructuration de leur dette extérieure depuis le début du XIXème siècle, avec des périodes de crise générale en 1830-40, en 1880-90, en 1940-50 et dernièrement dans les années 1990.
Les auteurs soulignent aussi que les crises bancaires sont liées aux périodes de mobilité internationale accrue des capitaux, tandis que les crises de défaut sur les dettes publiques sont corrélées aux périodes de forte inflation. A lire.
Wednesday, May 14, 2008
Trade Unions Are Right .... At Least British Ones
Andrew Watt, a senior researcher at the European Trade Union Institute, has written a very good analysis of the “consensus view” on what to do about the European economy (The Financial Times, May 12, 2008). Faced with the unpleasant combination of above-target inflation and growth decelerating markedly below the potential rate, the European Central Bank has clearly insisted on its priority: fight inflation. Unlike other central banks it has refused to cut rates while monetary and lending conditions by banks have significantly tightened.
The European Commission is starting to worry about budget deficits – again. Business leaders complain about “high wage demands” and ask for more fast-track labour market reform – again.
Policymakers in general worry about the threat to competitiveness from wage increases – consistently running at between 2.5 to 3.5 a year, when the euro has appreciated by about 20 per cent in just four months due to different monetary policies on the two sides of the Atlantic.
The conclusion seems clear: Shouldn’t the ECB worry more about the true danger, its own policy?
The European Commission is starting to worry about budget deficits – again. Business leaders complain about “high wage demands” and ask for more fast-track labour market reform – again.
Policymakers in general worry about the threat to competitiveness from wage increases – consistently running at between 2.5 to 3.5 a year, when the euro has appreciated by about 20 per cent in just four months due to different monetary policies on the two sides of the Atlantic.
The conclusion seems clear: Shouldn’t the ECB worry more about the true danger, its own policy?
Wednesday, April 23, 2008
L'Euro (encore): Dix ans pour comprendre ...
Il aura fallu un peu moins de dix ans pour que les vérités économiques élémentaires commencent à être reconnues par les journalistes, les politiques, et les économistes. A commencer par la première d’entre elle : « l’euro, pas plus d’ailleurs qu’une autre monnaie, ne saurait rester durablement surévalué sans porter atteinte aux forces économiques des pays qui l’ont adopté ». Dixit l’éditorialiste du Figaro, Nicolas Barré (23 avril 2008). Qu’en pensent la plupart des économistes français qui ont nié obstinément depuis plus de 15 ans que le franc fort, puis l’euro fort, puissent ralentir la croissance ? On aimerait entendre aujourd’hui l’analyse du propagandiste officiel de l’euro, M. Thibault de Silguy, devenu président d’une grande société commerciale, qui nous assurait – contre toute raison - que l’euro constituerait à l’avenir un bouclier contre les aléas de la conjoncture et contre les errances de la bourse. Comme je l’écrivais en juin 2002 (« Les promesses de l’euro : tout était faux », disponible sur mon site http://www.jjrosa.com, et voir également mon livre de 1998, L’erreur Européenne.) ce mot d’ordre « appartenait au domaine du fantasme et de l’attrape-nigauds ». On aimerait avoir aussi la réaction de Jean Boissonnat, chantre de la monnaie unique qu’il paraît de toutes les vertus, et celles aussi de tous les économistes professionnels qui ont égaré l’opinion par des débats techniques sur le calendrier administratif de mise en place de la future monnaie, sur les risques de manque de « crédibilité » de la future banque centrale, sur l’impuissance de la politique monétaire et l’absence d’impact des taux de change sur l’activité économique, sur la nécessité de centraliser toutes les politiques macroéconomiques, y compris budgétaires, pour pérenniser l’euro, tout ce brouillard de considérations oiseuses pour éviter de débattre des vraies questions, celles des effets d’une monnaie unique et non optimale sur la croissance réelle. Mais ne citons pas de noms, il y en aurait trop…
Bien sur, habitude oblige, le journaliste du Figaro attribue les difficultés actuelles résultant de l’euro cher … à l’évolution de l’économie américaine. Mais qu’a fait, pendant la longue baisse du dollar, la Banque centrale européenne pour modérer l’essor de l’euro ? Va-t-on nous dire encore qu’elle ne peut agir en rien sur le prix du change ? A-t-elle moins de pouvoir sur la monnaie que la Réserve Fédérale ?
Un de mes collègues a probablement mis le doigt sur le vrai problème et la raison de l’acharnement thérapeutique de la BCE : peut-on, me demandait-il récemment, faire baisser l’euro sans toutefois réduire les taux d’intérêt d’intervention? La réponse est assez clairement négative, mais c’est la question qui est révélatrice : pourquoi la banque centrale européenne refuserait-elle toute baisse de ses taux d’intérêt ? Pour prévenir un regain de l’inflation dira-t-on. Mais en tout état de cause une baisse du change relativement au dollar, même obtenue sans baisse du taux d'intérêt si cela était possible, aurait le même type d’effet sur le prix. Il faut donc conclure que la BCE a une véritable préférence pour l’argent cher. Pourquoi ? Il y aura une prime pour la meilleure réponse.
Bien sur, habitude oblige, le journaliste du Figaro attribue les difficultés actuelles résultant de l’euro cher … à l’évolution de l’économie américaine. Mais qu’a fait, pendant la longue baisse du dollar, la Banque centrale européenne pour modérer l’essor de l’euro ? Va-t-on nous dire encore qu’elle ne peut agir en rien sur le prix du change ? A-t-elle moins de pouvoir sur la monnaie que la Réserve Fédérale ?
Un de mes collègues a probablement mis le doigt sur le vrai problème et la raison de l’acharnement thérapeutique de la BCE : peut-on, me demandait-il récemment, faire baisser l’euro sans toutefois réduire les taux d’intérêt d’intervention? La réponse est assez clairement négative, mais c’est la question qui est révélatrice : pourquoi la banque centrale européenne refuserait-elle toute baisse de ses taux d’intérêt ? Pour prévenir un regain de l’inflation dira-t-on. Mais en tout état de cause une baisse du change relativement au dollar, même obtenue sans baisse du taux d'intérêt si cela était possible, aurait le même type d’effet sur le prix. Il faut donc conclure que la BCE a une véritable préférence pour l’argent cher. Pourquoi ? Il y aura une prime pour la meilleure réponse.
Monday, April 21, 2008
Iraq war and subprime crisis
An excellent analysis of American woes is published by Martin Neil Baily (Brookings Institution) in the New York Times (April 20, 2008, Op-Ed Pages). He clearly shows that the war is not a significant factor in the economy’s poor recent performance and the impending recession. The high price of oil is largely the result of strong demand, notably from China and India, pressing against a limited supply, and of the sinking value of the dollar.
The domestic economic problems, on the other hand, are mostly homemade: the responsibilities are shared among borrowers, financial institutions, investment banks and hedge funds, and credit-rating agencies. The Fed and other regulators could have been more reactive starting in 2005 but should not be blamed for present low interest policies which go in the right direction in difficult circumstances.
The war did not contribute either to increase much budget deficits, and government borrowing should have increased interest rates, thus should actually have curbed the housing boom, and not fueled it.
Then, the availability of money from around the world did help finance the housing boom, but it could as well have been directed more to business investment and job creation, absent the mortgage mess.
Let us add that in any case the longest expansion in the recent American history was due to come to an end sooner or later. Maybe the financial crisis should be seen as a typical end-of-cycle phenomenon.
The domestic economic problems, on the other hand, are mostly homemade: the responsibilities are shared among borrowers, financial institutions, investment banks and hedge funds, and credit-rating agencies. The Fed and other regulators could have been more reactive starting in 2005 but should not be blamed for present low interest policies which go in the right direction in difficult circumstances.
The war did not contribute either to increase much budget deficits, and government borrowing should have increased interest rates, thus should actually have curbed the housing boom, and not fueled it.
Then, the availability of money from around the world did help finance the housing boom, but it could as well have been directed more to business investment and job creation, absent the mortgage mess.
Let us add that in any case the longest expansion in the recent American history was due to come to an end sooner or later. Maybe the financial crisis should be seen as a typical end-of-cycle phenomenon.
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